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Rouleuse 3 rouleaux: s'affranchir des pièces d'essais, est-ce possible?

Rouleuse 3 rouleaux: s'affranchir des pièces d'essais, est-ce possible?

11/07/2018 | France

Le roulage est une technologie compliquée, notamment parce que la matière utilisée est toujours différente. En effet, chaque lot de tôles a ses propres caractéristiques, et cela même sur une même épaisseur et nuance matière d'un même fournisseur ! Les réactions du métal sont donc différentes entre deux lots de matières.

De ce fait, l
es résultats en roulage sont donc variables en fonction de la matière première et impliquent, en général, de faire des essais avant toute production  en tâtonnant pour trouver les bons paramètres (étalonnage en fonction de la matière).
Cette technicité nécessite d'avoir des opérateurs qui ont à la fois de fortes compétences et de l'expérience en roulage. Les industriels rencontrent des difficultés à recruter ce type de profil car les candidats sont peu nombreux.

Dans les années 1980,
 et notamment pour palier à cette difficulté, sont apparus des rouleuses à 4 rouleaux. Cette architecture de rouleuse a essentiellement l'avantage d'être plus facile à prendre en main par l'opérateur. Mais les possibilités ne sont pas les mêmes entre une rouleuse à 3 ou 4 rouleaux. Ainsi, une rouleuse à 3 rouleaux permet d'avoir un champ d'action plus large permettant la production de pièces plus précises et plus complexes : tôle en trois dimensions, perforée ou avec des éléments en relief, etc.. Et dans cette configuration la tôle n'est jamais pincée ou endommagée. L'inconvénient majeur de la rouleuse 3 rouleaux est la compétence nécessaire à son exploitation.

De part ces contraintes, le roulage est souvent considéré comme l’apanage de sociétés spécialisées. Or, l'intégration d'opération de roulage donne de la valeur ajoutée à une pièce.

Peut-on imaginer faire des pièces valables du premier coup, sans pièce d'essai, et ainsi limiter les temps de lancement et les compétences nécessaires ?

Pour répondre à cette question, Metal-Interface a interviewé Grégory Conraud, Président de AMB PICOT, société spécialisé dans la fabrication de rouleuses à 3 ou 4 rouleaux, qui a accepté de nous partager son expérience dans le domaine du roulage.

L'objectif est de limiter les temps de lancement, c'est à dire les pièces d'essais essentiellement, pour rendre viable la production de pièce unitaire ou en petite série et limiter les compétences nécessaires.
Une solution,
 basée à la fois sur un algorithme et sur une base de connaissances, permet de prédire le comportement de la matière première en fonction de sa nuance et de son épaisseur. L’algorithme minimise ainsi les variations et permet d'obtenir un roulage donnant un résultat acceptable, peu importe le lot de matière.

Grégory Conraud commente qu’« 
aujourd'hui l'intérêt de la commande numérique et de la solution algorithmique, c'est de pouvoir faire des pièces unitaires. On ne peut pas passer du temps à faire des pièces d'essais, à tâtonner, à faire de la calibration de matériaux ... pour une seule pièce. »

Souvent, les sous-traitants limitent les marchés en fonction des quantités. Avec la solution algorithmique, la réalisation de pièces unitaires est également rentable. L'algorithme apporte une solution acceptable dans 90 % des cas, et dans les 10 % des cas restants des pièces d'essais permettront de faire la calibration de la machine et d'améliorer ensuite la base de connaissance de l'algorithme.

Et Gregory Conraud conclu
 par un exemple concret : « Actuellement, nous travaillons avec un sous-traitant d'un artiste international qui fait de l'inox poli-miroir. C'est un projet un peu particulier et avec une rouleuse 3 rouleaux, on arrive à faire du cône, sans abîmer la matière et avec un état de surface impeccable ! »

Zoom AMB PICOT 
La société AMB PICOT est une entreprise française qui conçoit et fabrique des rouleuses de 3 et 4 rouleaux depuis près de 150 ans.

Gregory Conraud explique que « notre souhait est de proposer des machines qui ne soient plus opérato-dépendantes. Aujourd'hui, avec notre Easy Roll,  la première pièce est bonne et sans correction dès le premier essai. »

En effet, AMB PICOT a déposé un brevet pour sa solution de simulation. Et Gregory Conraud d'ajouter : « On sait simuler la déformation d'un matériau et produire des pièces avec une précision de 0,5 à 2% du diamètre demandé. 95% les clients n'en demandent pas tant ! »

C'est un long travail de développement qu'a mené AMB PICOT. Le travail de développement qu'a mené AMB PICOT s’est déroulé sur plusieurs années, en affinant au fur et à mesure l’algorithme et en adaptant la solution aux besoins techniques des clients. « Nous avons intégré les algorithmes puis on a fait de nombreux essais pour valider nos théories et enrichir notre base de connaissance. »

Aujourd'hui, AMB PICOT fournit la machine en "plug and play" : « la machine est livrée puis elle est branchée et dix minutes après, la première pièce sort ! »

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