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Le panneautage : une réponse aux problématiques de l'industrie tôlerie ?

Le panneautage : une réponse aux problématiques de l'industrie tôlerie ?

02/07/2018 | France

L'industrie tôlerie a évolué, impliquant de nouveaux enjeux, de nouvelles contraintes et problématiques auxquels les industriels doivent faire face. Metal-Interface s'est interrogé sur les solutions que peut offrir le panneautage dans la production de pièces pliées.

Les quantités de lancement sont de plus en plus petites : comment limiter cette contrainte en maîtrisant les temps de lancement et/ou les temps improductifs ?

Réaliser 5 pièces d'essais pour une commande de 10 pièces, c'est un surcoût de 50 %. Comment produire sans avoir à réaliser des pièces tests qui impact fortement le coût final de la pièce ?

L'industrie 4.0 et le big data permettent de stocker beaucoup de données mais pourquoi ? Comment les interpréter pour gagner en productivité ?

Le panneautage est adapté à de nombreuses typologies de pièces mais pas à toutes les productions. Quels types de pièces sont idéales pour une production sur Panneauteuse ?

Sous-traitance et panneautage, est-ce une solution pour se différencier ?

Pour la rédaction de cette article, Serge Bourdier, Directeur de Salvagnini France, nous a fait part de son expérience du panneautage et de sa connaissance de l'industrie tôlerie.

1- Réduire les temps le changement de production

Les moyens de pliage conventionnels, comme les presses plieuses, peuvent être entourés de nombreux automatismes. Les limites de ces solutions restent les temps pour passer d'une production à l'autre. La principale raison est que le changement de l'outillage immobilise la presse plieuse.

Sur certaines Panneauteuses, le changement de production peut être instantané. Le temps de changement de production est alors masqué dans le flux de dépose et d'évacuation de la pièce. Ainsi, la production d'une série de 10 pièces identiques prend le même temps que produire 10 pièces différentes à la suite.


2- Qualité de production

Et Serges Bourdier d'expliquer, « il y a 15 ans, quand on lançait une série de trois cents pièces, 4/5 pièces étaient prévues en plus pour le réglage. Aujourd'hui, la taille des lots est si petite qu'il n'est pas concevable de produire des pièces de réglage ; si vous produisez 10 pièces et que vous en prévoyez 2 pour le réglage, c'est 20 % de coût en plus! »

Les presses plieuses sont équipées de système, comme les contrôleurs d'angles qui contrôlent que le pli est correct. En panneautage, les dernières technologies permettent d'être très en amont, en analysant la matière afin de contrôler son épaisseur, sa dureté, etc. Et pendant le cycle de production, la machine est en capacité d'adapter les paramètres pour la production d'une pièce. « De l'intelligence est donnée à la machine ! »


3- Le Big Data : solution pour supprimer les pièces d'essai !

Les machines sont calibrées en usine avec une matière de référence. Celle-ci n'est jamais la matière utilisée en production car même sur une même nuance/épaisseur, la matière varie d'un fournisseur à l'autre et d'un lot de production à l'autre. Il n'y a pas deux clients et même deux productions qui ont une matière qui réagit de manière similaire !

Très récemment, un cap d'un point de vue analyse des données et intelligence artificielle a été franchi et apporte de très bons résultats. Chez certains constructeurs, le même programme peut être utilisé sur des matières fondamentalement différentes ou provenant de lots et de fournisseurs différents.

« 
Des algorithmes analysent les données recueillies, comme par exemple la réaction de la matière sur la Panneauteuse et sa dureté, qui vont être interprétés pour donner un positionnement final sur la machine adapté à la matière. La pièce produite est bonne dès sa première fabrication ! » détaille Serges Bourdier.


4- Industrie 4.0

Les machines peuvent être connectées. C'est-à-dire qu'un flux de données circulent de manière constante en descente d'information ou en acquisition d'information vers ou depuis la machine.

Ainsi les informations de lancement, quantité à produire par exemple, descendent depuis l'ERP. Et des flash-codes facilitent le lancement en production de pièces ou de kits. Ces solutions répondent aussi aux difficultés de recrutement en simplifiant le niveau de compétences requises.

Les données acquises de la machines sont nombreuses, comme par exemple le suivi des températures, les éventuels défaillances, les pièces produites, etc.

Et Serge Bourdier d'ajouter : « nous avons de plus en plus de données...plus que l'on peut en utiliser ! C'est l'utilisation et l'analyse, ce que l'on en fait en réalité avec, qui est important. »

L'objectif est de suivre les évolutions des différents indicateurs et d'apporter une l'intelligence (artificielle) pour gagner du temps dans l'interprétation et pour aider dans son travail le chef d'entreprise, le directeur de production, l'opérateur, le responsable maintenance, etc.

Ainsi, la maintenance peut être prédictive, au lieu d'être subie. Selon Serge Bourdier, « une machine qui ne tombe pas en panne, ça n'existe pas. Mais si on peut planifier une défaillance et l'intervention nécessaire, c'est prévu et pas réalisé dans l'urgence. Le sous-traitant pourra s'organiser, en libérant deux heures la machine sur deux jours pour changer la pièce nécessaire sans perturber la production. »

Serge Bourdier conclut sur l'Industrie 4.0 par ces quelques mots : « il n’y a pas d'intérêt à être au pied de la machine. Celui qui pilote la Panneauteuse est mieux dans un bureau avec ses plans. Aujourd'hui les outils informatiques ont évolué. Le point de départ est un un plan 3D et la suite en découle assez facilement. Les outils informatiques et d'analyses des données ont un rôle crucial. »


5- Une panneauteuse : pour quels types de production ?

Morphologie des pièces
Comme son nom l'indique, la Panneauteuse était prévu à l'origine pour produire des panneaux, comme par exemples des flasques de mobilier de bureau. Ces machines ont énormément évolué. Aujourd'hui, les industriels produisent avec une Panneauteuse des profils, des boîtes, etc. Les limitations sont essentiellement l'épaisseur
jusqu’à 4mm et la forme extérieur de la pièce.

Série ou petite série
« 
Souvent, les industriels pensent que la Panneauteuse est uniquement dédiée aux grosses séries. Vu le temps de changement de série d'aujourd'hui sur une Panneauteuse, c’est tout à fait l'inverse ! Une Panneauteuse peut remplacer entre 2 et 4 presses-plieuses.

Et, plus les pièces seront ouvragées et plus les tailles de lots petites, plus l'écart va se creuser face aux presses plieuses consommatrices en temps à chaque changement de série.
 » explique Serge Bourdier.

Faire évoluer les produits

La Panneauteuse ouvre de nouvelles possibilités de production qui sont exploitées pour réduire les reprises et se passer de certaines opérations, comme le pliage conventionnel et la soudure. C'est vrai pour les fabricants de produits propres mais également pour certains sous-traitants qui assurent un rôle de conseil et de conception technique.

Et Serge Bourdier d'ajouter que « certains sous-traitants sont équipés d'une Panneauteuse et vont proposer à leur client d'améliorer la façon de produire l'ensemble. Par exemple, au lieu de faire 4 pièces pour un petit ensemble, le sous-traitant propose de le réaliser en une seule pièce car la Panneauteuse permet de faire des pièces plus ouvragées que sur une presse-plieuse. In fine, le coût sera nettement moins élevé que de produire quatre pièces. »

Le sous-traitant rend captif son client et intervient en lui apportant un véritable accompagnement dans le développement et la production de ses produits.

Pour conclure, le panneautage est une technologie qui a beaucoup évolué afin de s'adapter aux contraintes des industriels. Aujourd'hui, les Panneauteuses offrent une solution technique intéressante et différenciante, notamment pour les sous-traitants qui doivent trouver de nouvelles marges de manœuvres.


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